01 avril 2020

Dix petits contes cauchemardesques

"Ce soir-là, à la Taverne Infernale, l'ambiance était, encore une fois, survoltée. En plus des habituelles midinettes de bas-étage, toute une flopée d'étudiants fiévreux, hystériques et intenables avait envahi les banquettes miteuses de la gargote. C'est la raison pour laquelle Fisher entra.
Quand il passa la porte, de vieux carillons bon marché tintèrent, ce qui fit lever la tête de quelques adolescents déjà bien éméchés. Cela faisait une bonne heure qu'il attendait dans sa Chrysler, frigorifié, ayant pour seul compagnon son bon vieux Jack Daniels.
En effet, il n'était pas venu pour boire. Trempé par la pluie qui s'abattait par rafales, Fisher ne perdait pas, pour autant, son indéniable charme. Grand, bien bâti et brun ténébreux, il s'attirait, partout où il allait, les regards enfiévrés de ces dames. Il parcourut la salle du regard et instantanément, ses yeux noirs se fixèrent sur Polly."

Ces petits portraits glaçants et cyniques, désabusés ou terrifiants, offrent, au lecteur qui l'ose, une mosaïque de personnages ayant tous en partage le même lourd fardeau : l'assomption d'une réalité parfois trop noire.

Ce deuxième recueil de nouvelles s'inscrit dans la lignée du premier : inquiétant et macabre à souhait, il ravira les plus téméraires d'entre vous.


Dix petits contes cauchemardesques de Kerima Chelbab

Dix petits contes cauchemardesques de Kerima Chelbab, 252 pages, Atramenta, 2018

Mon avis : Dix petits contes cauchemardesques est le deuxième recueil de nouvelles de Kerima Chelbab après Les déchéantes petites nouvelles. Pour les mêmes raisons que pour son prédécesseur, je ne ferai pas une chronique détaillée de ce recueil (ne me demandez pas d'être parfaitement impartiale quand je connais l'auteure).

Toutefois je peux dire que j'ai pris le même plaisir à découvrir ce nouveau recueil que celui que j'ai eu à la lecture du premier. On retrouve à nouveau la plume fine et riche de l'auteure qui nous plonge toujours d'une façon bien particulière dans un monde de noirceur.

Elle alterne différents types de nouvelles avec des textes parfois subtils, et d'autres parfois beaucoup plus directs et crus. Pour cela, mais aussi pour les thèmes abordés, ce n'est pas un livre à mettre dans les mains des plus jeunes.

Chaque nouvelle est différente des autres. On ne retrouve pas de redondance au cours de la lecture. J'avoue une préférence dans les textes : étant une grande fan de thrillers, j'ai d'autant plus apprécié la première nouvelle.

Je vous invite à découvrir par vous-même les écrits de Kerima Chelbab et surtout à partager vos avis pour aider à la faire connaître.

Bonne route à toi !

25 mars 2020

Elia, La Passeuse d'Âmes, tome 3 : Saison chaude

Attention SPOILERS sur les tomes précédents dans le résumé !!

À la suite de l'échec de l'attaque du Conclusar, les combattants de l'Aube ont été décimés, Tim a disparu et Solstan est passé à l'ennemi.

Elia, activement recherchée par le Palatium, doit fuir la Cité pour survivre.

Dans un monde fait d'injustice et de violence où les Passeurs d’Âmes ont désormais les pleins pouvoirs, elle devra affronter le pire.

Seule face à la puissance du Palatium, saura-t-elle se relever et sauver ceux qu'elle aime ?


Elia, La Passeuse d'Âmes, tome 3 : Saison chaude de Marie Vareille

Elia, La Passeuse d'Âmes, tome 3 : Saison chaude de Marie Vareille, 412 pages, Éditions de Noyelles, 2019

Mon avis : J'ai eu beaucoup de mal à terminer ce livre... car je n'avais aucune envie de quitter les personnages ! La dystopie et moi ce n'est pas une très grande histoire d'amour. J'avais beaucoup aimé Hunger Games, mais le peu que j'ai lu par la suite dans ce style y ressemblait beaucoup trop à mon goût avec une trame toujours identique. Dans cette trilogie Elia, La Passeuse d'Âmes, Marie Vareille, reprend bien évidemment les codes de base de la dystopie tout en se démarquant de celles que j'ai pu lire jusque là (on rappelle que je ne suis pas une pro du genre).

Ainsi l'auteure nous présente un univers riche et unique dans lequel on parvient sans mal à se projeter, avec un style très agréable à lire. J'ai adoré me replonger dans l'ambiance de cette saga.

Dans ce tome, on fait face à beaucoup de retournements de situation, avec des personnages toujours aussi fouillés et attachants, qui pour certains ne sont plus forcément du même côté. Certaines situation sont déchirantes. L'auteure sait nous faire passer les sentiments des personnages à merveille.

J'ai dévoré ce livre en moins de deux, incapable de le lâcher, et en même temps j'avais peur d'arriver à la fin pour savoir comment tout se terminerait et quitter cet univers. Marie Vareille nous offre un final puissant, qui m'a donné des frissons, littéralement.

Une saga coup de cœur que je vous conseille absolument même si vous saturez de la dystopie !

24 mars 2020

Piège de soie

Lorsqu'elle découvre son mari, mort d'une piqûre d'abeille - depuis toujours elle le savait allergique -, un pressentiment avertit Anna Neale, entomologiste à Dublin, que l'accident a pu être provoqué. D'autant que les affaires de David n'étaient pas des plus limpides, et que cet homme à la double vie la laisse couverte de dettes.
Désemparée, la jeune femme rencontre bientôt Matthew, un homme séduisant et compréhensif. Comment devinerait-elle que, depuis des mois, il la guette, attendant son heure, pareil à l'araignée tissant patiemment son piège de soie ?


Piège de soie de Julie Parsons

Piège de soie de Julie Parsons, 349 pages, Le Livre de Poche, 2002

Mon avis : Je vais être assez brève aujourd'hui. Je ne garde que très peu de souvenirs de ce livre qui m'a profondément ennuyée. Il se veut être un thriller psychologique, sauf que tout est prévisible à souhait dès le début du livre. Donc autant vous dire que le côté psychologique fait un énorme flop. Je ne me suis jamais sentie anxieuse pendant ma lecture. À aucun moment je ne me suis demandée ce qui allait se passer tellement c'était évident. Tout est cousu de fil blanc.

Des personnages, je retiens avant tout le machiavélisme de l'un et la force de caractère insoupçonnée de l'autre. Mais pas beaucoup plus au final...

Donc, oui, j'ai été à deux doigts d'abandonner cette lecture. Mais j'ai tenu bon car je gardais un très bon souvenir d'un autre livre de l'auteure, En mémoire de Mary. Je me disais qu'elle saurait me surprendre au moment où je m'y attendrais le moins... mais peine perdue.

Si vous débutez dans la lecture des thrillers, je pense que ce livre peut vous plaire, mais si vous êtes rodés à ce style... passez votre chemin...

22 mars 2020

L'empathie

Vous ne dormirez plus jamais la fenêtre ouverte.

" Il resta plus d'une heure debout, immobile, face au lit du couple. Il toisait la jeune femme qui dormait nue, sa hanche découverte. Puis il examina l'homme à ses côtés. Sa grande idée lui vint ici, comme une évidence ; comme les pièces d'un puzzle qu'il avait sous les yeux depuis des années et qu'il parvenait enfin à assembler. On en parlerait. Une apothéose. "

Cet homme, c'est Alpha. Un bloc de haine incandescent qui peu à peu découvre le sens de sa vie : violer et torturer, selon un mode opératoire inédit.
Face à lui, Anthony Rauch et Marion Mesny, capitaines au sein du 2e district de police judiciaire, la " brigade du viol ".
Dans un Paris transformé en terrain de chasse, ces trois guerriers détruits par leur passé se guettent et se poursuivent. Aucun ne sortira vraiment vainqueur, car pour gagner il faudrait rouvrir ses plaies et livrer ses secrets.

Un premier roman qui vous laissera hagard et sans voix par sa puissance et son humanité.

L'empathie d'Antoine Renand

L'empathie d'Antoine Renand, 447 pages, Robert Laffont, 2019

Mon avis : Un violeur en série sévit, et c'est Anthony Rauch et Marion Mesny qui sont chargés de le traquer. Au cours de cette enquête, ils vont être confrontés à leur passé et leurs démons.

La plume d'Antoine Renand est particulièrement addictive. Une fois que j'ai ouvert ce livre, je n'ai plus su le fermer. L'auteur nous plonge dans une ambiance malsaine à bien des égards, que ce soit les crimes ou les personnages principaux.

Et oui, les personnages sont la force de ce roman. Ici on est loin du flic parfait à tout point de vue. Anthony particulièrement a beaucoup de démons à exorciser et cache un secret que ses collègues sont bien loin d'imaginer.

On ne va pas se mentir, ce livre à des défauts. Des retours que j'ai pu voir à sa sortie, j'avais le sentiment que ou ça passe, ou ça casse. Le tout est de savoir quel niveau de tolérance on a sur certains détails pas très crédibles. Oui, il faut le reconnaître, le mode d'accès du violeur au domicile de ses victimes est invraisemblable. Par ailleurs, à un certain point du livre, on arrive dans la surenchère, avec des révélations qui s'accumulent un peu trop... Mais, pour ma part, j'étais tellement absorbée par l'histoire et surtout par la psychologie des personnages que je n'ai pas tenu compte des points négatifs.

Donc oui, malgré la prise de conscience des différents défauts de ce livre une fois que je l'ai refermé, pour autant j'ai adoré ma lecture. Alors si le deuxième pouvait allier ce côté "personnages atypiques" à des évènements plus crédibles, ce serait le top !

21 mars 2020

De mort naturelle

Tony McLean vient d’être nommé inspecteur. En plus des affaires courantes qui font son quotidien au commissariat – suicides, meurtres, cambriolages et autres accidents –, il hérite d’un cold case dont personne ne veut se charger. Le corps d’une jeune femme, crucifiée et atrocement mutilée, a été découvert au sous-sol d’une maison abandonnée. Tout porte à croire qu’elle a été victime d’un meurtre rituel. Au siècle dernier.
Le présent est nourri du passé et certains démons ne demandent qu’à se réveiller. Lorsqu’une série de meurtres sanglants s’abat sur la ville d’Édimbourg, McLean et son équipe – l’inspecteur Robert Laird, dit Bob la Grogne, et le « bleu » Stuart MacBride –, ne savent plus où donner de la tête. Pour un peu, ils dormiraient tous à la morgue, où le médecin légiste voit les cadavres s’empiler...


De mort naturelle de James Oswald

De mort naturelle de James Oswald, 450 pages, Bragelonne, 2015

Mon avis : Cet avis risque d'être court et brouillon, car la lecture de ce livre remonte un à un petit moment maintenant... Vous excuserez donc le côté plus que concis de cet article.
Dans cette première enquête de Tony McLean, le squelette d'une jeune femme est retrouvé dans des circonstances mystérieuses évoquant un rituel remontant à 100 ans. En parallèle, des meurtres s'enchaînent dans la ville, si bien que la police ne sait plus où donner de la tête.

Globalement j'ai bien aimé ma lecture, sans pour autant dire que j'ai adoré, mais j'ai passé un bon moment, et j'ai apprécié de découvrir l'univers de Tony McLean. C'est un livre qui se lit très facilement, le style d'écriture de l'auteur est sobre, peut-être parfois un peu trop mais ça ne m'a pas dérangée du tout.

Dans ce livre, l'auteur se concentre beaucoup sur le personnage de McLean qui est totalement investi dans ce qu'il fait. On en apprend beaucoup sur lui, son passé... et on aimerait en savoir plus sur ses racines quand on ferme ce livre.

Côté intrigue, j'avais deviné certains éléments assez rapidement, mais ça ne m'a pas empêché d'apprécier le terme abordé. Petite frustration sur le final. Difficile de ne pas trop en dire. Disons que le doute sur certaines choses plane.... et donc j'ai très envie de découvrir la suite.

En résumé, un premier livre qui se lit bien et qui permet de planter le décor et le personnage principal tout en donnant envie d'en savoir plus.