05 avril 2019

Mon ombre assassine

En attendant son jugement, du fond de sa cellule, Nadège Solignac, une institutrice aimée et estimée, livre sa confession.
Celle d'une enfant ignorée, seule avec ses peurs.
Celle d'une femme manipulatrice et cynique.
Celle d'une tueuse en série froide et méthodique.
Un être polymorphe.
Un visage que vous croisez chaque jour sans le voir.
Une ombre. Une ombre assassine.


Mon ombre assassine d'Estelle Tharreau

Mon ombre assassine d'Estelle Tharreau, 258 pages, Taurnada Éditions, 2019

Mon avis : Avant de commencer, je tiens à remercier Babelio et les éditions Taurnada pour cette lecture coup de cœur. J'ai eu du mal à "étiqueter" ce roman. Finalement je suis restée sur l'idée d'un thriller psychologique, même si ça ne me va pas tout à fait. Mais à défaut d'autre chose... J'ai mis un peu de temps à savoir si c'était un coup de cœur ou non. Pour cause, la lecture de ce livre met le lecteur pour le moins mal à l'aise. Si bien que j'ai longtemps tergiversé pour savoir si une lecture de ce type pouvait être un coup de cœur... la réponse est oui, après tout pourquoi pas ?

Nadège, tueuse en série qui se retrouve en prison pour un meurtre pour lequel elle va être jugée, nous raconte son histoire. Elle nous décrit le foyer dans lequel elle a grandi. Un foyer qui ne lui a donné que très peu d'amour, pour ne pas dire pas du tout, avec une mère dépressive et pas que... Et elle revient sur les évènements décisifs dans sa vie.

Dans ce livre on alterne entre le récit de Nadège à la première personne et des transcriptions d'interrogatoires de personnages ayant pu évoluer dans son entourage au fil du temps. L'utilisation de la première personne dans son témoignage est en très grande partie responsable de cette atmosphère très dérangeante. L'utilisation du "je" a pour objectif de rapprocher du narrateur, mais dans ce cas précis on n'a pas très envie de s'identifier à Nadège.

Ce sont sans doute les passages en lien avec sa petite sœur qui m'ont mise le plus mal à l'aise. Cette sœur qu'à aucun moment elle ne nomme par son prénom ou par le terme de "sœur". Elle nous la présente comme "le monstre". Étant plutôt sensibilisée sur le sujet du handicap par ma profession, cette appellation m'a d'autant plus profondément dérangée.

Elle nous relate chacun des évènements sur un ton très froid, sans émotion, qui colle bien évidemment parfaitement au personnage. Ce ton contrastait totalement avec les différents sentiments que j'ai pu ressentir lors de ma lecture. Certaines scènes m'ont glacée. Malgré cette absence totale d'affect dans le récit, la plume de l'auteure est vraiment addictive créant un sentiment très ambivalent. Autant j'avais envie d'aller plus loin et de savoir jusqu'où Nadège a pu aller dans ses crimes, autant par moment je n'osais pour ainsi dire pas avancer dans ma lecture, me doutant de ce qui allait se produire.

Bref, Estelle Tharreau signe ici un roman sans faute, dans lequel on assiste à la construction dès la plus tendre enfance d'une véritable psychopathe. Si le sujet des tueurs en série vous intéresse, je ne peux que vous conseiller de lire ce lire, d'autant que le fait que le tueur soit en fait une tueuse rend le récit d'autant plus intéressant.

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2 commentaires:

  1. Un grand merci pour cette chronique toute en finesse, en précision et en émotions. A bientôt. Estelle

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    Réponses
    1. Bonjour, un grand merci à vous surtout pour ce roman ! J'ai hâte de découvrir vos autres livres que je ne connaissais pas auparavant. Christelle

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