23 juin 2017

La méthode du crocodile

Le crocodile, le prédateur le plus froid et le plus redoutable, rôde dans les rues de Naples…

Tapi dans l’ombre, à l’affût, il observe, attend, se prépare. Rien n’est laissé au hasard, il repère les lieux, les habitudes, les horaires de ses victimes. Et quand il frappe, il ne manque jamais sa cible. D’autant que rien n’est plus facile que de passer inaperçu dans une ville comme Naples, où chacun vaque à ses occupations, indifférent à ce qui se passe autour de lui.
Quand à quelques jours d’intervalle, plusieurs jeunes sont retrouvés assassinés d’une balle dans la nuque, la presse se saisit de l’affaire. Le meurtrier, qui sème des mouchoirs en papier imprégnés de larmes sur les scènes de crime, se voit aussitôt affublé du surnom de Crocodile. Comme le prédateur, il semble pleurer en tuant ses victimes…
L’enquête est confiée à l’inspecteur Lojacono, Sicilien déraciné, personnage effacé voire invisible. Dans une Naples fébrile et pluvieuse, deux hommes solitaires vont se livrer bataille. Le flic contre le tueur. Lequel s’imposera ?




La méthode du crocodile de Maurizio De Giovanni, 281 pages, Fleuve Éditions, 2013

Mon avis : Accusé d'avoir trempé dans des affaires plutôt louches avec la mafia, l'inspecteur Lojacono se retrouve mis au placard, rejeté par sa famille, en particulier sa femme et donc sa fille. Il se retrouve affecté dans un poste où il est très peu sollicité. Toutefois quand des meurtres suspects surviennent, il ne peut s'empêcher de mener discrètement l'enquête. Laura Piras, magistrate, va s'en rendre compte et malgré l'historique de Lojacono, elle décide de l'intégrer dans l'enquête. Le point commun aux scènes de crime : des mouchoirs ayant servis à essuyer les larmes du tueur, ce qui va lui valoir le surnom de crocodile.

J'ai eu beaucoup de mal à entrer dans l'histoire à cause du style d'écriture de l'auteur. J'ai trouvé que c'était très concis. L'auteur va vraiment à l'essentiel. Mais les chapitres sont très courts... au risque d'être trop courts. Le plus de ce style d'écriture est que le livre est très rythmé, on est vraiment pris dedans... mais les chapitres sont tellement courts que je n'arrivais pas à me mettre dans l'ambiance des scènes décrites dans chaque chapitre. Ça m'a vraiment posé problème sur une grande partie du livre. C'est seulement passées les 100 premières pages que j'ai finalement réussi à m'adapter au style. Et une fois que c'était fait j'étais vraiment totalement dedans.

En dehors de Lojacono, je ne sais pas quels personnages on va revoir dans les livres suivants, puisqu'il s'agit d'une saga. Toujours est-il que j'ai eu du mal avec le personnage de Piras, un peu trop sûre d'elle et trop rentre dedans à mon goût, je dirais même prétentieuse. On verra par la suite si je change d'opinion (si on la retrouve dans les prochains opus), mais d'emblée je ne suis franchement pas fan.
En revanche je suis vraiment curieuse de savoir ce que va devenir Lojacono. La lumière va-t-elle être faite sur ce qui est réellement arrivé avec la mafia ? Va-t-il parvenir à redorer son blason ? On a là un personnage torturé, abandonné et mis sur la touche, que j'ai très envie de voir évoluer.

Dès le départ, on sait qui est le tueur. En revanche, on ignore quel est son mobile. À mon sens on est plutôt sur du thriller psychologique. Il y a très peu d'action dans ce livre, hormis sur la fin. On sait d'avance quelles sont les cibles du tueur. On ne peut que croiser les doigts pour qu'il soit stoppé à temps. Très régulièrement, l'auteur nous expose les pensées de l'assassin, nous livrant ainsi au compte-goutte les éléments à assembler pour découvrir son mobile.
Quant au final, il m'a cloué le bec. On se rend compte que l'auteur ne recule devant rien, et qu'on peut s'attendre à tout avec lui. J'ai eu du mal à effacer cette scène finale de mon esprit : comme beaucoup de lecteurs, je visualise les scènes systématiquement tout au long de ma lecture, ce qui a renforcé la puissance des dernières pages pour ma part.

Ainsi, si j'ai eu beaucoup de mal avec la première partie du livre, j'ai fini par ne plus pouvoir le lâcher.

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