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24 août 2021

1991

En décembre 1991, quand Franck Sharko, tout juste sorti de l'école des inspecteurs, débarque au 36 quai des Orfèvres, on le conduit aux archives où il est chargé de reprendre l'affaire des Disparues du Sud parisien. L'état des lieux est simple : entre 1986 et 1989, trois femmes ont été enlevées, puis retrouvées dans des champs, violées et frappées de multiples coups de couteau. Depuis, malgré des centaines de convocations, de nuits blanches, de procès-verbaux, le prédateur court toujours.
Sharko consacre tout son temps à ce dossier, jusqu'à ce soir où un homme paniqué frappe à la porte du 36. Il vient d'entrer en possession d'une photo figurant une femme couchée dans un lit, les mains attachées aux montants, la tête enfoncée dans un sac. Une photo derrière laquelle a été notée une adresse, et qui va entraîner le jeune inspecteur dans une enquête qui dépassera tout ce qu'il a pu imaginer...


1991 de Franck Thilliez, 500 pages, Fleuve Éditions, 2021

Mon avis : Dans le dernier roman de Franck Thilliez, nous retrouvons le personnage de Sharko, mais un Sharko différent de celui que nous connaissions auparavant puisqu'il s'agit là de la première enquête à laquelle il a participé, ce qui nous fait remonter, comme le titre du livre l'indique, en 1991. Alors qu'il sort de l'école de police, on l'envoie directement aux archives pour tenter d'élucider une ancienne enquête restée sans suite jusque-là, s'intéressant aux meurtres de plusieurs femmes de 1986 à 1989. En plus d'enquêter seul sur ce mystère, il va participer à une autre enquête. En effet, un jour un homme se présente au poste, signalant avoir reçu des courriers étranges, l'ayant mené vers la photo d'une femme attachée à un lit avec une adresse. Sans en référer à sa hiérarchie, Sharko décide de se rendre à l'adresse indiquée pour s'assurer qu'il ne s'agit pas là d'un canular. Comme on peut s'y attendre, ce n'en est pas un.

Sur cette simple décision, on retrouve déjà cette spontanéité que l'on connaît bien à Sharko. Pour autant, comme je le disais, c'est un Sharko différent par d'autres aspects, un Sharko qui n'a pas encore été marqué par les évènements tragiques que l'on connaît, un Sharko qui tient à rappeler le protocole à sa hiérarchie... et qui va se rendre compte très vite, que certains jouent avec ce protocole. C'est donc un Sharko très naïf par rapport à la réalité du terrain que l'on découvre ici. J'ai trouvé cela très intéressant et cela permet vraiment de réaliser en quoi sa première enquête a pu impacter sa façon de travailler par la suite. Ici Sharko va devoir faire des choix qui vont l'amener à reconsidérer beaucoup de chose dans sa façon de voir les choses. Nul doute qu'une première enquête doit être particulièrement importante dans la vie d'un enquêteur.

Et quelle enquête ! Comme toujours, Franck Thilliez parvient sans mal à nous surprendre et à nous plonger dans une ambiance sombre et angoissante en abordant des thématiques qui sont loin d'être anodines. J'ai fini par comprendre l'idée générale par rapport à l'identité du coupable des crimes de 1991, avant la fin. Toutefois, cela ne m'a pas gênée car ce n'est pas le seul mystère qui plane dans ce roman.

Autant dire que je me suis laissée happer du début à la fin dans ce roman, que ce soit par la galerie de personnages, l'enquête, les thématiques abordées, le suspense que Franck Thilliez installe dans les différents évènements.

Vivement le prochain !!

16 mars 2019

Pandemia

Comme chaque matin, Amandine a quitté sa maison de verre pour les locaux de l'Institut Pasteur. Mais ce matin-là est particulier.
Appelée pour des prélèvements à la réserve ornithologique du Marquenterre, en Baie de Somme, la microbiologiste est déconcertée : trois cadavres de cygnes gisent sur une étendue d'eau.
En forêt de Meudon, un homme et son chien ont été abattus. L'étang qui jouxte la scène de crime a été passé au peigne fin. Bilan : un sac de toile lesté de parpaings. À l'intérieur : des ossements, des crânes, un casque. Quatre corps en kit.
Et pendant ce temps, une grippe coriace fauche jusqu'aux plus robustes. Elle n'a pas épargné certains increvables du 36, quai des Orfèvres. Une grippe dont la souche demeure curieusement non identifiable.


Pandemia de Franck Thilliez

Pandemia de Franck Thilliez, 703 pages, France Loisirs, 2016

Mon avis : Trois cygnes sont retrouvés morts dans un parc animalier. Des scientifiques de l'Institut Pasteur sont envoyés sur place pour effectuer des prélèvements. La menace d'une épidémie de grippe couve face à ces trois morts simultanées.
En parallèle, Franck Sharko, Lucie Hennebelle et leurs collègues vont enquêter sur le meurtre brutal d'un homme qui promenait son chien en forêt. Des ossements sont rapidement retrouvés non loin de la scène de crime. L'équipe se retrouve toutefois à effectif réduit. En effet, une épidémie de grippe sévit au 36, quai des Orfèvres.

D'entrée de jeu je vous le dis, je serai bien incapable de vous dire quel est mon livre de Franck Thilliez préféré, mais ce qui est sûr, c'est que sur celui-ci il a vraiment fait fort. Pandemia se lit tout aussi bien que ses autres livres voir encore mieux tellement on est happé par l'intrigue. Sa plume est toujours aussi riche et agréable. Je me suis particulièrement "régalée" si je puis dire avec tous les aspects scientifiques abordés dans ce roman. J'ai vraiment aimé tout se qui tournait autour de l'Institut Pasteur : les signalements de cas de grippe, les enquêtes qui en découlent etc... En même temps pour les non-scientifiques, je vous rassure ce n'est pas non plus trop poussé. L'auteur explique vraiment très bien les choses histoire de ne pas perdre ses lecteurs.

Côté personnages, c'est toujours un plaisir de retrouver Sharko et Hennebelle, même si on voit très peu Lucie dans ce livre finalement.
J'ai également tout particulièrement apprécié de retrouver Nicolas Bellanger, supérieur de Sharko et Lucie. J'avais aimé l'évolution de son personnage dans Angor, qui est encore plus développé dans Pandemia.
L'auteur insiste également beaucoup sur le personnage d'Amandine, une des scientifiques qui est envoyé au parc animalier au début du roman. C'est un personnage qui mène une vie personnelle très particulière. Je n'en dis pas plus pour ne pas spoiler. Mais ce mode de vie va l'encourager à enquêter de plus belle par rapport à ses collègues.
En tout cas l'auteur aime torturer ses personnages et leur faire prendre des ascenseurs émotionnels qu'on ne peut que prendre avec eux. Je dois dire qu'un rebondissement en particulier m'a vraiment marquée et m'a donné envie d'étriper l'auteur. Mais je vous rassure j'ai su calmer mes envies meurtrières.

L'intrigue m'a bluffée du tout au tout. On se rend compte de l'ampleur de la toile que Franck Thilliez tissait depuis quelques temps pour relier tout un tas d'éléments les uns avec les autres. J'en suis restée sur les fesses.
Le rythme est haletant avec une ambiance oppressante. La dernière partie est emprunte d'un sentiment d'urgence jusqu'à la toute fin. Et on a beau se dire que c'est de la fiction, quand même, ça fait peur.

Bref, vous l'aurez compris, ce livre est un coup de cœur. Je ne dirais plus qu'une chose : hypochondriaques s'abstenir !

19 septembre 2017

Atom[ka]

À quelques jours de Noël une affaire d'envergure démarre pour Lucie Hennebelle et Franck Sharko, policiers dans la fameuse section criminelle du 36, quai des Orfèvres. Christophe Gamblin, journaliste de faits divers, est retrouvé mort de froid, enfermé dans son congélateur. Sa collègue et amie a disparu, alors qu'elle enquêtait sur un gros dossier explosif dont personne ne connaît le contenu. Sa seule trace est son identité griffonnée sur un papier détenu par un enfant errant très malade, aux organes déjà vieillissants. En parallèle, une ancienne affaire de femmes enlevées refait surface : des victimes jetées vivantes mais inconscientes dans des lacs quasi gelés, et secourues in extremis grâce à des coups de fil mystérieux à la police. Tandis que l'enquête s'accélère, Sharko est confronté à de vieux démons. Une ombre évolue dans son sillage, jouant avec lui de manière dangereuse. Un duel secret et cruel s'engage alors, détruisant le flic à petit feu...



Atom[ka] de Franck Thilliez, 596 pages, France Loisirs, 2013

Mon avis : Avec Atom[ka], nous retrouvons Franck Sharko et Lucie Henebelle dans une nouvelle enquête qui va à nouveau les amener au-delà des frontières de la France à la recherche de dangereux criminels. À l'approche de Noël, le corps d'un journaliste est retrouvé dans un congélateur. L'une de ses collègues disparaît mystérieusement. Et pour couronner le tout, un enfant inconnu est retrouvé avec les coordonnées de la jeune femme dans sa poche. En parallèle, Sharko s'obstine dans l'idée que quelqu'un tente de le piéger.

Encore une fois Franck Thilliez nous embarque dans une enquête complexe en nous plongeant dans des décors tous plus glacials les uns que les autres, au propre comme au figuré. Sa plume est toujours aussi agréable à lire.

Comme toujours il n'épargne pas Sharko et Henebelle. Quoiqu'il arrive c'est à croire qu'ils n'auront jamais l'esprit tranquille. J'avoue avoir eu un sentiment mitigé face au personnage de Lucie dans ce livre. Bien sûr elle a vécu des moments très difficiles, mais je l'ai trouvée très versatile et ça m'a plutôt déstabilisée.

L'énigme est menée de main de maître. Dommage que j'ai deviné à l'avance l'implication de l'un des personnages, mais ça n'a pas gâché ma lecture pour autant (il s'agit d'un élément de l'énigme mais pas de la solution). Ici, l'auteur nous met face à un savant fou sans scrupule.

J'ai hâte de découvrir la suite pour avoir les réponses aux questions qui restent en suspens en fermant ce livre.

06 août 2017

[gataca]

L'Évolution est une exception.
La règle, c'est l'Extinction.

Une jeune scientifique spécialiste de l'évolution des espèces, retrouvée morte, attaquée par un primate.
Onze hommes derrière les barreaux. Leurs points communs : tous ont commis des crimes barbares et tous sont... gauchers.
Enfin, la découverte d'une famille de Néandertaliens assassinée par un Cro-Magnon.
Quel est le rapport entre ces affaires et des crimes éloignés de 30 000 ans ?
La clé est dans ces quelques lettres : GATACA...




[GATACA] de Franck Thilliez, 606 pages, France Loisirs, 2012

Mon avis : Dans [GATACA] de Franck Thilliez, nous retrouvons Lucie Henebelle et Franck Sharko un an après les évènements qui avaient clôturé l'opus précédent, Syndrome [E]. Je n'en dirai pas plus histoire de ne rien spoiler sur ces évènements. Toujours est-il que dans ce nouveau livre, Sharko va être amené à se rendre sur les lieux d'un crime. A priori l'affaire semble simple : une jeune étudiante, Éva Louts, aurait été attaquée par une guenon dans un laboratoire. Et pourtant plusieurs détails vont faire penser à Sharko que les choses ne sont pas si évidentes. La guenon, qui utilise le langage des signes, va transmettre un message pour le moins suspect aux enquêteurs. Par ailleurs, il semblerait que la victime avait ses petits secrets et s'intéressait de très près à la violence chez les gauchers, n'hésitant pas pour se faire à remonter jusqu'à la pré-histoire. Lucie Henebelle va alors épauler Sharko dans cette enquête aux multiples ramifications.

Il va être difficile de m'attarder sur la chronique de ce livre, sous peine de dévoiler des éléments importants. Je vais donc être assez brève. J'ai retrouvé avec beaucoup d'angoisse les personnages de Franck et avant tout Lucie que l'auteur avait particulièrement maltraitée à la fin du livre Syndrome [E]. Les premières pages de ce livre sont une torture. L'auteur prend un malin plaisir à nous faire attendre la réponse à la grande question qui se posait avant même d'ouvrir le livre. Je ne cacherai pas que, côté personnages, un petit aspect redondant d'un certain schéma m'a un peu agacée même si l'auteur m'a totalement surprise sur le final.

Une fois de plus, la plume de Franck Thilliez fait mouche. Il nous embarque complètement dans une intrigue scientifique complexe dépassant une fois de plus les frontières de la France. J'admets qu'à un moment je me demandais où on allait et je trouvais tout ça un peu gros voire abusé, mais finalement pas tant que ça. Il a une façon d'amener les choses et surtout d'imbriquer les éléments les uns aux autres, qui fait que finalement tout prend son sens et qu'après tout... pourquoi pas... Encore une fois, nos deux héros vont faire face à des personnalités froides, manipulatrices, et sans le moindre scrupule. L'auteur nous mène en bateau d'un bout à l'autre du livre et sur tous les plans.

03 juillet 2017

Le Syndrome [E]

Un film mystérieux et malsain qui rend aveugle...
Voilà de quoi gâcher les vacances de Lucie Henebelle, lieutenant de police à Lille, et de ses deux adorables jumelles.
Cinq cadavres retrouvés atrocement mutilés, le crâne scié...
Il n'en fallait pas plus à la Criminelle pour rappeler le commissaire Franck Sharko en congé forcé pour soigner ses crises de schizophrénie.
Deux pistes pour une seule et même affaire qui va réunir Henebelle et Sharko, si différents et pourtant si proches dans leur conception du métier.
Des bidonvilles du Caire aux orphelinats du Canada des années cinquante, les deux nouveaux équipiers vont mettre le doigt sur un mal inconnu,
d'une réalité effrayante et qui révèle que nous pourrions tous commettre le pire.
Car aujourd'hui, ceux qui ne connaissent pas le syndrome E, ne savent pas encore de quoi ils sont capables...




Le Syndrome [E] de Franck Thilliez, 510 pages, France Loisirs, 2011

Mon avis : Alors que Lucie Henebelle est en congés, au chevet de sa fille malade, elle est contactée par une ancienne relation, Ludovic Sénéchal. Il a composé son numéro au hasard, devenu subitement aveugle après avoir visionné un court-métrage ancien, datant des années cinquante, qu'il a trouvé chez un collectionneur. Face à sa certitude d'avoir perdu la vue à cause de ce film, Lucie va accepter d'enquêter et réalise rapidement que quelqu'un est à la recherche de ce film pour le moins perturbant. En parallèle, Franck Sharko est appelé pour enquêter suite à la découverte de plusieurs corps dépouillés de leurs yeux et avec la boîte crânienne ouverte, sciée nette. De façon inattendue, les deux enquêteurs vont découvrir que leurs affaires sont corrélées.

Est-il encore nécessaire de dire combien j'aime la plume de Franck Thilliez ? Ce livre se lit comme on boit du petit lait mais avec une bonne dose d'angoisse malgré tout. Franck Thillez va à l'essentiel tout en ne nous épargnant pas les détails de certaines scènes, comme par exemple le court-métrage particulièrement noir sur lequel Lucie enquête. Je pense que je deviens un peu trop sensible : j'ai eu du mal à lire une scène en particulier, je suis sûre que ceux qui ont lu le livre se doutent de la scène en question.

J'ai vraiment aimé assister à la rencontre de Sharko et Henebelle, deux écorchés de la vie, qui se dévouent corps et âmes pour leur enquête et pour les victimes.
Pour ma part, j'ai trouvé que le personnage de Sharko était beaucoup plus sombre que dans les livres précédents. Ma vision est peut-être biaisée par le fait que je les ai lus depuis bien longtemps maintenant mais j'ai vraiment eu ce sentiment d'une noirceur qu'il n'avait pas, ou moins, dans les livres précédents.
Quant à Lucie Henebelle, elle est tiraillée entre son rôle de mère et ce besoin de rendre justice aux victimes, en particulier l'enfant qui est filmée dans le court-métrage. Il va y avoir pas mal de remise en question sur son travail et les risques qu'elle prend en l'exerçant.

L'intrigue m'a bluffée, Franck Thilliez renverse totalement la situation. Il nous plonge dans l'histoire du Canada, dans une partie très noire de cette histoire tout en nous plaçant face à ce qui sommeille de plus noir en l'homme. On va découvrir des personnalités sans scrupule, machiavéliques, prêtes à tout pour parvenir à leur fin. Le livre est très bien rythmé. Il n'y a aucun temps mort. On se laisse totalement embarquer avec Sharko et Henebelle qui, du reste, forment un duo parfait.
Enfin le final se termine sur un énorme cliffhanger. Autant vous dire que j'ai hâte de me plonger dans [Gataca] !