15 juin 2017

Book Jar and others #11


Bonjour à tous ! Et oui, je sais, on est déjà mi-juin, j'ai déjà lu 3 livres sur les 5 prévus, et v'là que je vous sors (enfin) la PàLM du mois... Mieux vaut tard que jamais. Mais je ne voulais pas que les photos végètent dans l'ordinateur... oui parce que tout était près, y avait plus qu'à, mais je n'ai jamais eu le courage... Irrécupérable je suis !

Donc pour ce mois-ci, la Book Jar a craché un petit billet avec "George Sand" écrit dessus :



Je n'avais pas lu de classique depuis bien longtemps, du coup j'avais un peu peur de réussir à me remettre à ce style d'un coup d'un seul, et en même temps ça me faisait bien plaisir ! La chronique de La petite Fadette vient tout juste d'être postée, puisque j'ai déjà terminé ce livre. Vous la trouverez ici.

Pour le reste de la PàLM j'ai essayé de varier les genres.



Tout d'abord j'avais reçu La dernière licorne de Tobby Rolland de la part des éditions Presses de la Cité. Ensuite j'ai choisi Hortense de Jacques Expert qui m'a longtemps été conseillé !
Histoire de poursuivre les sagas en cours, je me lance dans la lecture du troisième tome de La Boutique Vif-Argent, La Carte des Passages de Pierdomenico Baccalario.
Et enfin je vais me faire plaisir (enfin j'espère !) avec Mortelle tentation de Christophe Ferré, qui me fait furieusement envie depuis que je l'ai acheté, d'autant que la couverture est juste magnifique !

Je vous souhaite à tous de très bonnes lectures. N'hésitez pas à me dire si certains livres vous tentent ou si vous les avez déjà lus. Je serais curieuse d'avoir vos avis dessus !

La petite Fadette

Avec La petite Fadette de George Sand, nous suivons deux jumeaux, Landry et Sylvinet, tous deux suivis de près par leurs parents (leur mère en particulier), de crainte qu'ils ne soient trop proches l'un de l'autre. En effet on les a largement mis en garde sur le risque qu'ils s'attachent trop et que l'un souffre des actions de l'autre. Chacun a son propre caractère, Sylvinet étant un peu plus fragile, en particulier psychologiquement. Il va avoir du mal à voir Landry s'éloigner pour travailler dans une autre ferme mais aussi du mal à se rapprocher de la gente féminine.
Un jour, alors que Landry cherche Sylvinet, il va tomber sur Fadette. Il s'agit d'une enfant mal vue et rejetée par le village. On la soupçonne de sorcellerie de même que sa grand-mère. Sa mère était de mauvaise fréquentation, une réputation qui retombe sur Fadette. Enfin Fadette n'est pas très soignée, elle s'habille mal et fait plutôt penser à un garçon manqué... tout pour que les habitants du village la rejètent. Néanmoins, avec le temps, et malgré les manigances de Fadette, Landry va finir par s'attacher à elle.



La petite Fadette de George Sand, 243 pages, Éditions Garnier Flammarion, 1967

Mon avis : J'étais bien contente de tirer ce livre dans la Book Jar : je n'avais pas lu de classique depuis bien longtemps. Aussi je ne suis pas fan des histoires d'amour, mais pour autant sur du classique tel que celui-ci, ça ne m'a pas du tout dérangé. D'autant qu'on aborde aussi d'autres sujets, en particulier la tolérance vis-à-vis de Fadette qu'on rejette à cause de ses origines. Finalement, on se rend compte que si elle est comme elle est, ce n'est pas à cause de ses origines mais bien à cause de la façon dont les gens la traite. Alors si les sujets tel que la sorcellerie et le diable ne sont plus d'actualité, le problème de fond, lui, le reste malheureusement. On va également faire face à la jalousie de Sylvinet qui n'accepte pas de "partager" son frère avec qui que ce soit.

J'ai eu beaucoup de mal avec ce personnage, Sylvinet était particulièrement fatiguant. Au départ sa façon de réagir est touchante, mais au bout d'un moment on a juste envie de le secouer un bon coup.
En revanche les personnages de  Landry et Fadette étaient vraiment très touchants. Leur histoire est très belle et tendre. Fadette, tout particulièrement, paraît manipulatrice et méchante mais on finit par se rendre compte que derrière celle que les gens veulent voir, il se cache une toute autre jeune fille.
J'ai beaucoup aimé le personnage du père de Landry également, qui nous surprend à la fin du livre.

La lecture des premières pages n'a pas été aisée, il y a des expressions datant du XIXè qui ne sont plus utilisées à ce jour. N'ayant pas lu de classique depuis longtemps, il faut réussir à s'y remettre. Mais ce n'est l'affaire que de quelques pages. Une fois passés quelques chapitres, il se lit très facilement ! En tout cas ce livre m'a permis de faire une petite pause très agréable dans mes lectures. Le classique n'est pas mon style de prédilection, aussi j'aurais bien du mal à en lire plusieurs d'affilée, mais un de temps en temps ça fait du bien !

13 juin 2017

Ninn, tome 2 : Les Grands Lointains

Attention, spoilers sur le premier tome

- J'en ai marre !
Marre de ce bled infernal !
Marre des géants psychotiques !
Des monstres volants ! Des décharges !
Je veux rentrer chez moi !
Tu m'entends ?!... Chez moi !
- Ninn !... Tu es chez toi.


Ninn, tome 2 : Les Grands Lointains

Ninn, tome 2 : Les Grands Lointains de Jean-Michel Darlot et Johan Pilet, 64 pages, Kennes, 2016

Mon avis : Dans ce deuxième tome des aventures de Ninn, Les grands Lointains, nous retrouvons avec plaisir Ninn, qui est partie à la recherche de ses origines avec le tigre de papier. Nous les retrouvons exactement là où nous les avions laissés à la fin du premier tome. Il s'agit d'une sorte de jungle dans laquelle ils vont devoir s'orienter tant bien que mal vers un point bien précis (mais là je n'en dis pas plus). Pour cela ils vont recevoir une aide inattendue et ils vont aussi devoir faire face aux multiples dangers de cette "jungle".

Comme sur le premier tome, les dessins sont vraiment très beaux, je dirais même encore plus beaux, puisqu'on découvre un décor totalement différent du métro et de Paris. Les couleurs sont magnifiques. C'est vraiment très agréable à parcourir.

J'ai beaucoup aimé les interactions entre Ninn et le tigre de papier. Le caractère de ce dernier est totalement décalé. Je suis complètement fan de lui. En même temps il me fait énormément penser à mon gros Moostik (le t-i-double-grou de gauche sur la bannière du blog). S'il pouvait parler, je l'imaginerais exactement comme le tigre de papier... Du coup je ne suis pas très objective...

On fait de belles découvertes sur ce deuxième tome, et en même temps on se pose de nouvelles questions, sur deux personnages en particulier : qui sont-ils vraiment ? d'où viennent-ils ? et que leur est-il arrivé (on a déjà la réponse pour l'un des deux) ? Il y a pas mal de passages assez drôles (on dit merci le tigre de papier). La planche finale laisse présager une suite qui arrivera rapidement je l'espère, à supposer qu'il y ait bel et bien une suite. On a encore beaucoup de chose à découvrir sur cet univers !

11 juin 2017

Hortense

Attention, mieux vaut éviter de lire le résumé de l'éditeur si on veut éviter trop de révélations... Je ferai une partie spoilers à la fin de la chronique. Comme d'habitude je préviendrai avant pour ne pas spoiler ceux qui n'ont pas encore lu le livre. J'ai beaucoup de questions donc la partie spoilers me semble incontournable.

1993 : Sophie Delalande est folle d’amour pour sa fille Hortense, presque trois ans, qu’elle élève seule. Celle-ci lui permet d’oublier les rapports difficiles qu’elle entretient avec le père de cette dernière, Sylvain, un homme violent qui l’a abandonnée alors qu’elle était enceinte et à qui elle refuse le droit de visite. Un jour, pourtant, Sylvain fait irruption chez elle et lui enlève Hortense. « Regarde-la. Nous allons disparaître et tu ne la reverras plus. »

2015 : après des années de recherches vaines, Sophie ne s’est jamais remise de la disparition d’Hortense. Fonctionnaire au ministère de l’Éducation, elle mène une existence morne et très solitaire. Jusqu’au soir où une jeune femme blonde la bouscule dans la rue. Sophie en est sûre, c’est sa fille, c’est Hortense. Elle la suit, l’observe sans relâche. Sans rien lui dire de leur lien de parenté, elle sympathise avec la jeune femme, prénommée Emmanuelle, tente d’en savoir plus sur elle. La relation qui se noue alors va vite devenir l’objet de bien des mystères. Sophie ne serait-elle pas la proie d’un délire psychotique qui lui fait prendre cette inconnue pour sa fille ? Et la jeune femme est-elle aussi innocente qu'elle le paraît ?




Hortense de Jacques Expert, 317 pages, Sonatine Éditions, 2016

Mon avis : En 1993, Hortense, 2 ans et demi, la fille de Sophie est enlevé par son père, Sylvain, qui les avait abandonné en découvrant que Sophie était enceinte. Elle va se démener pour retrouver sa fille, aidée par Isabelle, une amie proche qui travaillait dans la crèche où était inscrite Hortense. Elle avait tout tenter, du détective privé jusqu'à l'émission de télé pour retrouver la trace de Sylvain, et donc sa fille. Un jour, Sophie pense retrouver Hortense alors qu'elle devrait avoir 22 ans. Elle va tenter de se rapprocher d'elle au maximum pour lui révéler la vérité sur ses origines.

Dans Hortense de Jacques Expert, le décor est planté dès la première page. Il s'agit d'un thriller que je qualifierais de psychologique dans lequel on va alterner entre les évènements autour de la disparition d'Hortense, relatés par Sophie Delalande, et des dépositions par rapport à un évènement qui va se produire plusieurs années après cette disparition. La plume de l'auteur est très agréable à lire. Ce livre se lit tout seul, très facilement. On est loin des grandes descriptions. Ici tout ce qui compte ce sont les faits que ce soit lors des dépositions ou ceux qui sont narrés par Sophie.

Les personnages sont tous difficiles à cerner. De fait, on les voit avant tout à travers les yeux de Sophie, une mère qui souffre depuis des années et qui n'est peut-être plus très objective dans sa façon d'analyser les évènements et les personnes.
Sophie elle-même est "mystérieuse". Très rapidement les dépositions nous font comprendre qu'elle avait une personnalité très particulière.

Ce livre est un véritable page-turner. Si vous l'ouvrez vous ne pourrez plus le refermer. Toutes les hypothèses possibles et imaginables ont tourné dans ma tête. Certaines se sont révélées payantes mais ceci dit je ne croyais à aucune plus qu'à une autre, donc beaucoup de rebondissements pour ma part malgré tout. Et surtout j'étais loin de m'attendre à la fin de ce livre. Pour le coup on peut dire que l'auteur aura attendu la toute dernière minute pour révéler l'impensable. Mais beaucoup de questions restent en suspens et ça gâche un peu le tout. Je n'aime pas fermer un livre en ayant encore des questions sans réponse...

ATTENTION SPOILERS !!!!!!

Ma grande question : que s'est-il réellement passé le jour où Sophie pense que Sylvain a enlevé Hortense ? Je n'ai aucun doute sur le fait que quelqu'un, qui que ce soit, en pleine décompensation psychotique, ait pu mettre tout en scène, jusqu'à se blesser soi-même. Mais le gros point d'ombre : comment a-t-elle fait pour s'attacher toute seule à la chaise ?.... Ça je ne l'explique pas du tout... Si quelqu'un a une réponse, partagez ! (en précisant "spoilers" au début du commentaire ;-) ).
Autre question que je me pose : comment la police a pu passer à côté de ça ? J'aurais pensé qu'ils examineraient minutieusement tout l'appartement à la recherche d'indices... ou alors elle avait caché le corps d'Hortense ailleurs en attendant, mais où ? Dans un immeuble, ça doit pas être évident...
Enfin j'ai trouvé un peu dommage que l'auteur insiste autant sur certains détails dès le départ, notamment le fait que Sophie avait une relation un peu trop exclusive avec sa fille, ou encore sur le fait qu'il ne faut surtout pas entrer dans la chambre de la petite Hortense. J'ai vite deviner que quelque chose se cachait dans cette chambre (mais j'étais loin de m'attendre à ça).
Par ailleurs je me suis longtemps posé la question de savoir si Emmanuelle était vraiment Hortense ou pas. Et finalement j'ai eu la réponse trop tôt (même si c'était tard dans le livre, mais j'aurais préféré ne pas l'avoir), quand Sophie nous rapporte la scène où elle tue "Sylvain" et Isabelle, en précisant qu'elle n'a pas pris la peine de regarder les corps. Là c'était évident que ce n'était pas eux.
Et pour finir, je trouve un peu grosse, la coïncidence qui veut que, comme par hasard, la personne que Sophie va penser être sa fille, n'a pas connu sa mère et voit son père (qui ressemble un peu à Sylvain) sortir avec une femme nommée Isabelle...

FIN DES SPOILERS

Mais malgré tout ça j'ai adoré ce livre, j'ai été scotchée du début à la fin. Mais je ne peux pas mettre la note maximale à cause de ces questions qui restent sans la moindre réponse.

Si vous avez des théories, vraiment n'hésitez pas à m'en parler en commentaire. Je suis vraiment curieuse de savoir ce que vous en pensez et de partager avec vous toutes idées possibles. Pensez juste à préciser "spoilers" en début de commentaire par respect pour ceux qui ne l'ont pas encore lu.

08 juin 2017

La dernière licorne

Turquie, marché d'Igdir. Aman, la fillette kurde dont la famille est gardienne millénaire du mystère de l'Ararat, n'aurait pas dû accepter cette licorne en bois... Elle savait que c'était interdit.

Melbourne, Parlement mondial des religions. Un rapport secret est alarmant : les glaces du mont Ararat fondent inexorablement. L'« anomalie d'Ararat », cette forme détectée au coeur du glacier, est-elle « la » preuve que l'arche de Noé s'y est échouée comme le racontent la Torah, la Bible et le Coran ?

Arménie, Etchmiadzine. Quatorze mercenaires font irruption dans la cathédrale pour s'emparer d'une relique inestimable : un fragment de l'arche. Leur but : ne laisser aucun témoin. C'est le déclenchement d'une vague de meurtres aux quatre coins du monde.

Vatican, enfer de la Bibliothèque apostolique. Zak Ikabi, ethnologue et aventurier, a moins de trois minutes pour photographier l'original du sulfureux Livre d'Enoch. Quel secret, dont dépend l'avenir de toutes les religions, relie les mythes de l'arche, du Déluge et des licornes ?

Université de Toulouse-Le Mirail, laboratoire du DIRS. La glaciologue Cécile Serval se trouve nez à nez avec Zak, venu lui dérober son rapport secret. C'est le début d'une course qui nous emporte de l'Arménie au Vatican, du Nakhitchevan à Hong Kong... Pour s'achever sur les flancs de l'Ararat...

Là où la vérité dépasse l'imagination.




La dernière licorne de Tobby Rolland, 593 pages, Presses de la Cité, 2017

Mon avis : Tout d'abord je tiens à remercier les éditions Presses de la Cité et Babelio pour la lecture de ce thriller ésotérique.

Avec La dernière licorne, Tobby Rolland m'a permis de découvrir plus en profondeur tout ce qui peut graviter autour du mythe de l'arche de Noé, avec des personnages dynamiques et au caractère affirmé, le tout en nous faisant voyager un peu partout, en France, en Australie, au Vatican, en Arménie. Nous allons donc découvrir le personnage de Zak Ikabi qui fait des recherches sur l'arche de Noé. Dans cet objectif, il ne recule devant rien, allant jusqu'à s'introduire illégalement au Vatican. Mais il n'est pas le seul à faire ces recherches et tout le monde n'est pas très scrupuleux dans cette affaire. Zak va alors faire la connaissance de Cécile Serval, une scientifique ayant émis un rapport sur la glace du Mont Ararat. Il va alors tenter de l'emmener avec lui sur les traces de l'arche de Noé.

J'ai beaucoup aimé la plume de l'auteur. Le livre se lit très facilement. J'ai eu besoin de plus de concentration sur certains passages. Je suis totalement inculte par rapport au sujet de l'arche de Noé, donc j'avais quand même pas mal d'informations à engranger. Mais j'ai pris beaucoup de plaisir à découvrir tout ça. L'auteur n'est pas avare de description, sans en faire trop non plus. Je n'ai donc pas eu de mal à visualiser l'action et l'environnement des personnages.

Les personnages sont tous assez approfondis, même si le personnage de Zak reste assez longtemps mystérieux. D'ailleurs l'auteur essaie de semer le doute assez souvent : gentil ou méchant, j'avoue avoir eu des doutes par moment.
J'ai bien aimé le personnage de Cécile. Je me suis pas mal identifiée à elle dans le sens où elle a besoin de preuves pour croire à telle ou telle théorie. Elle peut paraître fatigante pour certaines personnes, mais étant du genre à vouloir des preuves concrètes, forcément je la comprends tout à fait.

L'intrigue est très bien menée. Je le disais plus haut, l'auteur aime jouer avec les personnages et jète régulièrement des doutes sur le camp auquel ils appartiennent réellement. Par ailleurs l'action est très bien menée également. Il n'y pas de temps mort. J'ai juste eu l'impression au milieu du livre que ça commençait peut-être à s'essouffler un peu avec un schéma assez répétitif. Mais très rapidement l'auteur a su casser ce schéma pour entrer dans une phase avec plus de surprises et de rebondissements. J'ai vu venir quelques petites choses mais pas énormément et ça n'a absolument pas gâché ma lecture. En revanche j'ai eu le sentiment que le final était trop rapide. Je n'irai pas jusqu'à dire trop simple mais j'aurais préféré plus d'action notamment.

Par contre j'ai totalement buggé avec la révélation finale sur l'arche de Noé... J'ai beau être fan du genre, je ne m'attendais tellement pas à ce que l'auteur prenne ce chemin que je me suis demandé d'où ça venait. Et finalement la fan du genre en question est revenue au grand galop et s'est dit "ben oui pourquoi pas après tout...". Je pense que c'est plus dans la façon dont ça a été amené que j'ai eu du mal : absolument rien ne laissait entendre qu'on allait sur ce terrain. Mais je suis peut-être passée à côté d'indices laissés par l'auteur ceci dit.

La dernière licorne de Tobby Rolland s'est laissé littéralement dévorer en 3 jours. Une lecture haletante, sans temps mort, qui surprend plus d'une fois, et à vrai dire quand c'est fini on en veut encore !