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23 février 2021

Une partie de campagne

Attention le premier paragraphe du résumé éditeur est spoilant...

Il n'est pas mort au printemps mais il s'est éteint au bord de l'été. Coco ! Petit cheval fourbu, affamé devant un carré d'herbe qu'il ne pouvait atteindre. Mort sans histoire comme le Vieux qui n'en peut plus mais n'en finit pas d'agoniser. Comme le Gueux qu'on appelle Cloche sans penser qu'il puisse avoir faim.

Chez Maupassant, la mort coule, semblable à l'eau. Silencieuse et perfide. Démon qu'il faut nourrir et qui attire avec nonchalance.
Vertige de l'eau, vertige du désir, intimement mêlés comme dans La femme de Paul, où le fleuve et l'amante ne sont que maléfices.

Des nouvelles d'ombre et lumière, contes du jour et de la nuit, qu'affectionne l'auteur.

Une partie de campagne de Maupassant

Une partie de campagne et autres nouvelles de Maupassant, 95 pages, J'ai Lu - Librio, 1999

Mon avis : Cela faisait un bon moment que je n'avais plus lu de livre de Maupassant. Je lisais pas mal de classiques à une époque, beaucoup moins maintenant. Non pas que je n'aime plus, mais simplement ce n'est pas le style qui m'attire le plus parmi ceux que j'aime.

Autant le dire de suite, Une partie de campagne n'est pas un livre très joyeux, bien au contraire. On y découvre une succession de nouvelles, qui pour la plupart semblent bien commencer, mais se terminent toutes mal. Ainsi l'auteur nous présente une galerie de personnages qui vont avoir pour point commun la souffrance, soit celle qu'ils procurent, soit celle qu'ils vivent.

Sur certaines nouvelles j'étais en colère contre la méchanceté gratuite et ignoble de certains, je dirais même cruauté. Dans d'autres j'avais mal au cœur pour ce que finissait par vivre le personnage cible. Le pire est de voir arriver l'issue inéluctable très vite en étant totalement impuissant face aux évènements.

Alors non, ce n'est pas un livre "remonte-moral". Je vous déconseille de le lire si le moral n'est pas au rendez-vous. Néanmoins j'y ai retrouvé avec plaisir la plume délicate et poétique de Maupassant.

14 octobre 2019

La Peau de chagrin

- Retournez-vous, dit le marchand en saisissant tout à coup la lampe... et regardez cette Peau de chagrin... Puisque vous êtes un orientaliste... peut-être lirez-vous cette sentence...

Si tu me possèdes, tu posséderas tout.
Mais ta vie m'appartiendra. Dieu l'a
voulu ainsi. Désire, et tes désirs
seront accomplis. Mais règle
tes souhaits sur ta vie.
Elle est là. À chaque
vouloir je décroitrai
comme tes jours.
Me veux-tu ?


La Peau de chagrin d'Honoré de Balzac

La Peau de chagrin d'Honoré de Balzac, 437 pages, Folio, 1978

Mon avis : Autant vous dire que cela faisait une éternité que je n'avais pas lu un livre de Balzac. Quand j'étais au collège, lycée, j'en lisais pas mal. Et avec la fac, j'ai eu moins de temps pour lire, je me concentrais donc sur les thrillers que je préférais aux classiques, je dois bien l'avouer. De ce fait, cela fait un bon moment que La Peau de chagrin traîne dans ma PàL. Je suis bien contente de l'avoir enfin lu.

Depuis que je traîne sur la blogo et Youtube, je vois régulièrement que les livres de Balzac sont indigestes. Ce qu'on lui reproche le plus souvent sont les descriptions notamment. Je n'avais pas le souvenir d'un style un peu lourd comme ça de mes lectures passées (mais elles commencent à dater...), et donc j'étais souvent étonnée de lire ces avis. Et finalement, je dois admettre qu'en lisant La Peau de chagrin, j'ai vite compris ces avis. Oui effectivement, je dois me rendre à l'évidence, le style de Balzac est quand même assez lourd avec des phrases parfois très longues. J'ai eu du mal à rentrer dans l'histoire au début. Je ne doute pas que ce soit en grande partie en lien avec cette lourdeur.

Et puis finalement je me suis réhabituée au style, j'ai réussi à entrer dans l'histoire que nous racontait l'auteur et ça ne m'a plus dérangée tant que ça. Une fois que j'ai réussi à m'attacher aux personnages, j'ai su faire abstraction de toutes ces descriptions et ces phrases qui n'en finissent plus. Après, s'attacher aux personnages est un grand mot, notamment concernant le personnage principal qui use et qui finit par se retrouver piégé dans ce "jeu" de la Peau de chagrin. Ce personnage est assez antipathique, du moins c'est le sentiment que j'ai eu. Dès lors qu'il découvre les conséquences de sa vie partagée avec celle qu'il aime, à savoir la Peau de chagrin qui se réduit de plus en plus et donc le temps qu'il lui reste à vivre qui s'amenuise en même temps, il devient totalement égoïste et méprisable. J'avais pitié pour cette pauvre jeune femme qui est prête à tout pour lui, là où il ne voit que sa propre situation.

Malgré cette antipathie ressentie envers le personnage principal, j'ai beaucoup aimé ma lecture. Voir sa façon d'évoluer, de se faire au monde qui l'entoure est très intéressant, et malheureusement très révélateur sur l'être humain de façon générale et son opportunisme, en décalage total avec la bonté dont peuvent faire preuve d'autres personnes.

J'ai malgré tout un bémol. J'avoue ne pas avoir compris l'épilogue. Si vous l'avez lu et l'avez compris je suis preneuse. Je pense qu'on se trouve là sur une morale imagée mais trop pour ma part pour le coup...

07 mars 2019

Graziella

Graziella ! Le charme méditerranéen d'une madone mûrie au soleil marin... Qui pourrait résister à cette lumineuse apparition ? Certes pas le jeune Lamartine... Lui que la tempête, un jour, pousse jusqu'à l'île de Procida !

Premiers frissons d'amour ! Serments volés parmi les vignes et les jardins fleuris d'Italie... Si tout folâtre en elle, son âme enfantine sent bien qu'une humble fille de pêcheur ne pourra retenir le voyageur insouciant...

Que ne ferait-elle pour séduire celui qu'elle aime ! N'ira-t-elle pas jusqu'à revêtir, geste naïf, une robe parisienne qui sied si mal à sa fraîcheur d'insulaire... En vain !

Le drame couve... L'incompréhension grandit... L'entourage, le poids des conventions auront-ils raison d'un amour si pur ? Images obsédantes et cruelles... Le poète se souvient...




Graziella d'Alphonse de Lamartine, 125 pages, Librio, 1996

Mon avis : Dans Graziella, nous suivons le "personnage" de Lamartine (j'ai cru comprendre qu'il y avait des débats pour savoir s'il s'agissait vraiment d'un roman autobiographique... pour ma part je ne cherche pas à entrer dans ce débat). Ainsi le jeune Lamartine va voyager en Italie. Il part de ville en ville, fait des rencontres. Un jour, après avoir échappé à une tempête en mer, il va rencontrer Graziella, la fille d'un pêcheur, avec qui il va nouer une relation d'amitié profonde qui va peu à peu se modifier.

Ce livre est dans ma PàL depuis une éternité. À l'époque où je l'avais acheté, je lisais pas mal de classiques. Cette phase m'étant passée, cela explique le temps qu'il m'aura fallu pour le sortir de ma PàL. Je n'avais jamais lu de livre de l'auteur. Et je dois dire que j'ai eu beaucoup de mal à rentrer dans le récit. Au début je pensais que c'était le style d'écriture qui ne me convenait pas, mais finalement à partir du moment où le narrateur rencontre le personnage de Graziella, la lecture m'a semblé beaucoup plus aisée et plus agréable, avec une plume très poétique. La partie qui précède la rencontre était très contemplative et je me lassais de ce que je lisais de ce fait. On découvre l'Italie et tout ses beaux paysages... Mais ça faisait un peu trop pour moi.

Pour autant, même si j'ai réussi à entrer dans l'histoire, ce livre ne m'a pas touchée. C'est une histoire d'amour triste, qui, je n'en doute pas, peut plaire à beaucoup. Mais de mon côté je suis restée hermétique à ce que ressentent les personnages. Le narrateur et Graziella me semblaient surtout très naïfs avec une relation limite mièvre.

Donc non, malgré l'écriture de l'auteur que j'ai aimée, ce livre a été un flop de mon côté. D'une part trop de descriptions et d'autre part trop de bons sentiments auxquels je n'ai jamais su adhérer...

15 juin 2017

La petite Fadette

Avec La petite Fadette de George Sand, nous suivons deux jumeaux, Landry et Sylvinet, tous deux suivis de près par leurs parents (leur mère en particulier), de crainte qu'ils ne soient trop proches l'un de l'autre. En effet on les a largement mis en garde sur le risque qu'ils s'attachent trop et que l'un souffre des actions de l'autre. Chacun a son propre caractère, Sylvinet étant un peu plus fragile, en particulier psychologiquement. Il va avoir du mal à voir Landry s'éloigner pour travailler dans une autre ferme mais aussi du mal à se rapprocher de la gente féminine.
Un jour, alors que Landry cherche Sylvinet, il va tomber sur Fadette. Il s'agit d'une enfant mal vue et rejetée par le village. On la soupçonne de sorcellerie de même que sa grand-mère. Sa mère était de mauvaise fréquentation, une réputation qui retombe sur Fadette. Enfin Fadette n'est pas très soignée, elle s'habille mal et fait plutôt penser à un garçon manqué... tout pour que les habitants du village la rejètent. Néanmoins, avec le temps, et malgré les manigances de Fadette, Landry va finir par s'attacher à elle.



La petite Fadette de George Sand, 243 pages, Éditions Garnier Flammarion, 1967

Mon avis : J'étais bien contente de tirer ce livre dans la Book Jar : je n'avais pas lu de classique depuis bien longtemps. Aussi je ne suis pas fan des histoires d'amour, mais pour autant sur du classique tel que celui-ci, ça ne m'a pas du tout dérangé. D'autant qu'on aborde aussi d'autres sujets, en particulier la tolérance vis-à-vis de Fadette qu'on rejette à cause de ses origines. Finalement, on se rend compte que si elle est comme elle est, ce n'est pas à cause de ses origines mais bien à cause de la façon dont les gens la traite. Alors si les sujets tel que la sorcellerie et le diable ne sont plus d'actualité, le problème de fond, lui, le reste malheureusement. On va également faire face à la jalousie de Sylvinet qui n'accepte pas de "partager" son frère avec qui que ce soit.

J'ai eu beaucoup de mal avec ce personnage, Sylvinet était particulièrement fatiguant. Au départ sa façon de réagir est touchante, mais au bout d'un moment on a juste envie de le secouer un bon coup.
En revanche les personnages de  Landry et Fadette étaient vraiment très touchants. Leur histoire est très belle et tendre. Fadette, tout particulièrement, paraît manipulatrice et méchante mais on finit par se rendre compte que derrière celle que les gens veulent voir, il se cache une toute autre jeune fille.
J'ai beaucoup aimé le personnage du père de Landry également, qui nous surprend à la fin du livre.

La lecture des premières pages n'a pas été aisée, il y a des expressions datant du XIXè qui ne sont plus utilisées à ce jour. N'ayant pas lu de classique depuis longtemps, il faut réussir à s'y remettre. Mais ce n'est l'affaire que de quelques pages. Une fois passés quelques chapitres, il se lit très facilement ! En tout cas ce livre m'a permis de faire une petite pause très agréable dans mes lectures. Le classique n'est pas mon style de prédilection, aussi j'aurais bien du mal à en lire plusieurs d'affilée, mais un de temps en temps ça fait du bien !