30 août 2015

Le Sang noir du secret

Ce soir d'hiver 1846, Lucy franchit, affolée, la porte du commissariat de la nouvelle police de New York. Elle vient porter plainte pour vol et tout en elle crie sa détresse. Quand l'officier Timothy Wilde lui demande ce qu'on lui a volé, sa réponse tombe comme un couperet : "Ma famille". Sa sœur et son fils ont été kidnappés. Comme elle, ce sont d'anciens esclaves, des métis qui ont racheté leur liberté. Leurs ravisseurs les ont enlevés pour les revendre à un propriétaire de plantation du Sud. Et qu'ils soient des citoyens libres ne change rien à leurs yeux. Timothy, abolitionniste convaincu, est horrifié. Mais ses chances de retrouver Delia et Jonas sont infimes... En 1846, la chasse aux esclaves n'est pas seulement légale, c'est l'application même de la loi.
Le Sang Noir du Secret de Lyndsay Faye
Le Sang noir du secret de Lyndsay Faye, 526 pages, France Loisirs, 2015

Mon avis : Avec ce deuxième opus des enquêtes de Timothy Wilde, l'auteure nous propulse à nouveau en 1846 où elle nous dépeint le quotidien des habitants de New York à grand renfort de citations de journaux diverses œuvres de l'époque. D'une part les tensions politiques qui règnent et d'autre part le New York caché, celui des marchés et des traffics d'esclaves entre autres. On découvre aussi, a minima, le monde des ramoneurs, ces enfants dont la vie ne vaut rien aux yeux de leurs employeurs. Enfin l'auteure n'hésite pas à nous montrer la corruption, qui déjà, à l'époque, gangrenait la ville et sa police.
Les citations utilisées pour ouvrir chaque nouveau chapitre sont plus qu'appréciables et permettent d'autant plus de s'imprégner du climat de l'époque. Du reste, comme pour la première enquête de Timothy Wilde, Lyndsay Faye utilise à nouveau les expressions de l'époque. S'il était nécessaire de faire des allers-retours réguliers vers le lexique de fin pour le premier livre, je me suis surprise à ne pratiquement plus en avoir besoin sur celui-ci. Finalement on s'habitue vite à ce parler et la lecture coule de source. Par ailleurs, l'auteure utilise un vocabulaire riche tout en maniant les mots à la perfection et permettant une lecture des plus fluides.

Ce que j'aime dans les séries est bien évidemment retrouver les personnages, les voir évoluer non seulement au fil des pages mais aussi au fil des livres. Ici je n'ai pas été déçue. En particulier l'auteure revient vers des personnages que je ne pensais pas revoir. Je pense notamment à Silkie Marsh dont on découvre toute la noirceur dans ce livre. Un personnage manipulateur, prête à tout pour supprimer les obstacles qui se dressent sur son chemin et surtout pour assouvir son désir de vengeance envers les frères Wilde, ce qui en fait une personne extrêmement dangereuse.
A travers Timothy et Valentin Wilde, l'auteure explore les relations entre frères. Timothy va se surprendre à commettre l'impensable pour protéger son frère. Quant à Valentin, malgré ses nombreuses addictions, on découvre en lui un protecteur, toujours présent pour sortir Timothy des mauvaises situations malgré son état du moment.
Dans ce livre, Timothy va apprendre à faire le "deuil" de celle dont il était épris depuis de nombreuses années, un grand changement pour lui !
Il trouve en Elena Boehm, sa propriétaire, une amie, voire une confidente, n'hésitant pas à lui livrer les détails de l'enquête en cours. Dans ce livre, on découvre Mrs Boehm sous un nouvel aspect. Une évolution qui n'est pas pour déplaire, avec un personnage qui, sans en avoir l'air, prend une place de plus en plus importante au fil des pages.
J'ai pris beaucoup de plaisir à retrouver le personnage de Bird Daly que Timothy Wilde n'a certainement pas oubliée. Même si on la croise peu, cette enfant sait toujours autant nous toucher par son histoire et sa façon de voir les choses et toucher Timothy, allant jusqu'à lui faire prendre conscience de certaines réalités.
On retient Julius Carpenter comme un homme fort, courageux, qui ne plie pas malgré les coups, toujours présent pour les autres.
Mais parmi tout ces personnages, c'est Lucy que l'on retient, pour son passé, son courage pour avoir fait ce qu'elle a du faire pour les siens.

Sur fond de manigance, agrémenté d'une touche de vengeance, Lyndsay Faye tisse une toile parfaite, dont on ne sort pas indemne. Une énigme rondement menée, impénétrable tant que l'auteure ne l'a pas décidé elle-même.

Vous l'aurez compris, cette lecture m'a conquise, que ce soit par le style d'écriture, les sujets abordés ou encore l'énigme elle-même. Il n'y a plus qu'à croiser les doigts pour retrouver Timothy Wilde et ses acolytes dans un troisième livre !

Livre lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois

29 août 2015

Les nuits rouges de Nerwood

Article écrit le 30/11/2011

Les nuits rouges de Nerwood de Gilles BornaisAngleterre, 1892. Edmund Ambrose, brillant député conservateur est retrouvé assassiné à coups de hache dans sa propriété de Somerset. La même nuit son rival du Parti libéral est grièvement blessé d'une décharge de chevrotine. Le ou les agresseurs se sont enfuis à travers la forêt d'Avon.

L'inspecteur Joe Hackney, un ancien malfrat, cynique et boiteux, est envoyé par Scotland Yard pour aider la police locale. Au milieu des bois, il mène une traque qui prend vite des allures de descente aux enfers.


Les nuits rouges de Nerwood de Gilles Bornais, 314 pages, Pascal Galodé, 2011

Mon avis : Un homme est retrouvé gravement blessé et son adversaire politique est retrouvé mort. Certains indices tendraient à désigner la veuve, d'autres à impliquer plusieurs hommes qui se seraient enfuis dans la forêt. Joe Hackney est dépêché sur place afin de faire la lumière sur cette affaire.

J'ai beaucoup aimé le principe du vieil escroc reconverti en policier qui conserve ses anciens amis du milieu plus que les agents sur place pour trouver la solution. Le tout est écrit à la première personne, ce qui permet de mieux nous rendre compte de la personnalité de Joe Hackney qui est peu loquace mais qui cogite bien !
L'énigme est parfaitement menée, on va de surprise en surprise et plus on avance dans le livre, plus la surprise est grande. Je n'aurais pas pu imaginer la réponse une seule seconde. On découvre l'horreur qu'ont vécue de nombreuses personnes et les ravages qui se font encore sentir plusieurs années après.
Du côté des personnages, je réserve mon jugement. Ce livre est le quatrième d'une série, donc j'aimerais lire les précédents pour mieux les cerner.

Une très bonne découverte grâce à Babelio et aux éditions Pascal Galodé que je remercie pour cette lecture.

Note : 5 bulles sur 5

23 août 2015

La recette du cookie géant

Dire qu'en bonne dévoreuse de cookies que je suis, je ne vous ai jamais parlé de cookies sur ce blog ! J'avoue, j'ai honte... Avec un nom de blog pareil, on s'attend forcément à en entendre parler. Je rattrape donc cette erreur aujourd'hui en vous parlant du cookie géant, ni plus ni moins !

En novembre dernier, à l'occasion de mes 30 ans, un dévoreur de cookies a, sans s'en rendre compte, fait germer en moi l'idée farfelue de faire un cookie géant. Ni une, ni deux, je me suis lancée sur le net telle une grande exploratrice et je suis tombée directement sur LA recette.
C'était sur le blog Chocolat & caetera de Guillemette.

La recette a été testée et approuvée trois fois. Le tout avec quelques modifications concernant les pépites de chocolat : une fois testé en chocolat noir et chocolat blanc, une deuxième fois, chocolat blanc-framboises et enfin, la dernière fois, sur cette photo, chocolat au lait-noisettes.

Les ingrédients :

  • 180 grammes de farine
  • 1 cuillère à café de levure chimique
  • 120 grammes de beurre demi-sel
  • 1 œuf
  • 180 grammes de sucre roux
  • 75 grammes de chocolat au lait
  • 75 grammes de noisettes entières

En ce qui concerne le chocolat, j'ai utilisé du chocolat au lait Nestlé dessert que j'ai coupé en morceaux. J'ai fait griller les noisettes au four 5 minutes à 200°C afin d'en faire ressortir le goût. Puis je les ai mixées au robot (sans les réduire à l'état de poussière pour autant). Je n'ai qu'un seul regret : n'avoir mis que la moitié de la plaque de chocolat... Les 140 grammes n'auraient pas été de trop... mais je suis gourmande...

Le tout doit passer au four 25 minutes à 180°C dans un plat de 20 cm de diamètre (je n'avais pas plus petit que du 24 mais c'était parfait malgré tout !).

Il ne vous reste plus qu'à déguster !

22 août 2015

Le Royaume des Voleurs

Article écrit le 03/04/2011

Le Royaume des Voleurs de William Ryan1936, début de la terreur stalinienne. Le cadavre mutilé d’une jeune femme est retrouvé sur l’autel d’une église désaffectée. L’inspecteur Korolev, chef de la section criminelle de la Milice de Moscou, est chargé d’enquêter. Comme la victime est citoyenne américaine, l’organisation la plus redoutée de toute la Russie, appelée NKVD, s’en mêle. Les moindres faits et gestes de Korolev sont observés. Bien décidé malgré tout à découvrir ce qui se cache derrière ce crime effroyable, il pénètre dans le royaume des Voleurs, ces individus qui règnent sur la pègre moscovite. À mesure que d’autres corps sont découverts et que la pression venue d’en haut augmente, Korolev se demande qui sont les vrais criminels dans cette Russie où prédominent la peur, la faim, et l’incertitude.

Le Royaume des Voleurs de William Ryan, 362 pages, Éditions des Deux Terres, 2011

Mon avis : Le corps d'une jeune femme est retrouvé dans une ancienne église en Russie. La jeune femme a été torturée et a priori il s'agit d'un nouveau meurtre parmi tant d'autres... Jusqu'à ce que surgisse un nouveau corps, un homme, torturé de la même façon... Le colonel Gregorine du NKVD s'intéresse alors à l'enquête de très près, et donne à l'inspecteur Korolev les autorisations nécessaires au fil de ses recherches qui finiront par révéler des traitres.

L'intrigue est menée de main de maître du début à la fin. L'introduction, qui n'est autre que le récit de la mort de la nonne vue par son bourreau, nous accroche immédiatement et le reste du livre ne nous lâche plus une seule seconde ! J'avoue avoir eu du mal avec certaines appellations n'étant pas une férue d'histoire. Heureusement que j'avais un connaisseur à proximité pour m'expliquer. Et oui, le contexte politique de l'époque participe énormément à l'atmosphère générale de peur de ce livre.
N'oublions pas les personnages bien évidemment, plus particulièrement l'inspecteur Korolev que l'on suit de chapitre en chapitre hormis quelques brefs passages où l'on entre directement dans les pensées de l'assassin. Korolev arrive ici avec son expérience dans la police et surtout celle de la guerre. Il paraît assez bourru de premier abord, mais des détails me font penser que si on gratte un peu la surface, il est aussi un grand tendre à ses heures perdues (à suivre dans les prochains livres peut-être). Espoir également dans ces prochains livres d'en découvrir plus sur les autres personnages : Babel et Valentina Nikolaevna notamment... Ceci dit, sur ce livre, il y avait déjà tant à découvrir, entre le personnage de Korolev, le contexte de l'époque, l'intrigue en elle-même, que ça aurait peut-être été un peu indigeste !

Note : 4 bulles sur 5

Merci à Babelio et aux Éditions des Deux Terres pour cette édition spéciale de masse critique !

21 août 2015

Tu iras en enfer

Article écrit le 08/10/2010

Tu iras en enfer de Stephen LeatherLa vie de Jack Nightingale, jeune négociateur pour la police londonienne, bascule le jour où, malgré ses efforts pour l'en dissuader, une fillette de 9 ans se jette dans le vide. Lorsque le père de celle-ci meurt "accidentellement", Nightingale est écarté de la police. Au même moment, il reçoit un étrange message de son père biologique lui annonçant que, suite à un accord passé jadis avec un démon, le diable viendra chercher son âme le jour de ses 33 ans. Délire d'un déséquilibré ou menace réelle ?
Jack n'apporte pas véritablement de crédit à ce mystérieux pacte : il ne croit pas plus au diable qu'en Dieu. Seule la soif de comprendre son histoire lui importe. L'aide de son assistante Jenny lui sera fort précieuse. Il n'en demeure pas moins seul face à son destin et n'a que deux semaines pour percer le mystère de sa naissance...


Tu iras en enfer de Stephen Leather, 414 pages, Éditions First, 2010

Mon avis : Avant tout, merci à Babelio et aux éditions First pour cette lecture !

Jack Nightingale était négociateur jusqu'au jour où, appelé pour une tentative de suicide, la jeune Sophie, 9 ans, après lui avoir fait comprendre ce qu'elle avait subi, se jette de l'immeuble. Sous le choc, Jack part trouver le père de la petite qui travaillait à ce moment-là. La rencontre se soldera par la défenestration de cet homme. Suicide, meurtre ? Rien n'a pu être prouvé.

Deux ans plus tard, Jack Nightingale s'est reconverti en détective privé. Il pense sans doute que rien ne pourra être pire que ce qu'il a vécu ce jour-là... jusqu'à ce qu'il découvre qu'il a été adopté. Son père biologique lui lègue son manoir et tout ce qu'il y a dedans. Mais surtout il lui révèle par DVD qu'il a vendu l'âme de Jack et que ses jours sont comptés. Ce que Jack prend pour les divagations d'un vieux fou, finit rapidement par devenir une réelle menace.

J'ai beaucoup aimé cette lecture. Tout s'articule à la perfection, permettant une lecture des plus fluides. Chaque personnage a son intérêt, aucun n'est de trop. L'intrigue est passionnante, servie par de courts chapitres qui rendent la lecture toujours plus haletante. Le dénouement, qui est certes prévisible aux vues des pages précédentes, n'en reste pas moins palpitant, mettant en jeu les forces du mal dans toute leur splendeur. Quant au final, il nous fait bien des promesses... espérons qu'elles seront tenues !

Il y a juste un petit bémol : j'ai l'impression qu'il y a comme des blancs par moment. L'histoire est supposée se dérouler sur deux semaines mais on arrive si rapidement d'un vendredi à un autre qu'on a parfois l'impression que certains jours n'ont pas existé. Mais ça n'enlève rien à la compréhension et à la qualité de ce livre.

Note : 5 bulles sur 5